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Entretien avec Maolie Fleurent

  • 5 avr.
  • 4 min de lecture

Une entrevue par Philippe Boucher



Le Sonar (LS) : Quel est ton parcours musical ?

Maolie (M) : J’ai commencé à jouer du piano à 10 ans avec mon père ; à 12 ans, j’ai appris à jouer de la guitare. Je suis ensuite entrée à l’École secondaire de Rivière-du-Loup en arts-études, dans la branche de la comédie musicale. Durant ces cinq années, je chantais tous les jours ; c’est vraiment durant ce temps que mon amour pour la musique s’est développé.

En secondaire 4, je suis allée pendant trois semaines à San Francisco dans le cadre d’un événement appelé l'ACT (American Conservatory Theater) ; c’est une école de comédie musicale que j’ai grandement appréciée.

En secondaire 5, j’ai commencé à passer des auditions dans des écoles de musique, car le cégep n’était pas un parcours scolaire qui m’intéressait à ce moment-là. Une des écoles était à Boston et l’autre à Londres. Je n’ai pas été acceptée à Boston, mais à Londres, oui. J’ai dû me questionner pour savoir si je voulais vraiment voyager et suivre la formation au Royaume-Uni, car c’était très dispendieux.

À ce moment, je me suis dirigée vers l’Université d’Ottawa, que j’ai quittée au bout de deux mois parce que je n’aimais pas cela. Par contre, c’est à ce moment que je me suis mise à écrire et à composer de la musique.

J’avais sorti deux pièces nommées Maria et Daydreamer. C’est comme cela que j’ai rencontré Guillaume Monette. J’avais partagé une performance sur les réseaux sociaux que Guillaume a vue. Il m’a écrit, car il a vu du potentiel en moi. On a commencé à discuter et, finalement, nous nous sommes rencontrés pour créer ensemble.

LS : Comment as-tu créé ta première chanson sur les plateformes de streaming, « Nature », et quel est le sujet ?

M : La chanson a été créée lorsque j’étais en Gaspésie, dans les montagnes. Je travaillais dans les Chic-Chocs l’hiver, à ce moment-là. Je devais me réveiller très tôt le matin. Alors que j'étais assise près de la fenêtre durant une matinée d’insomnie, j'ai vu une guitare dans le chalet, je l'ai accordée et je me suis inspirée du fait que j'admirais la nature et la grandeur de l’espace. La chanson est devenue une envie de rendre hommage à la beauté de la nature. Je venais tout juste de quitter Ottawa, le contraste était encore plus important.

Pour l’enregistrement des visuels, après avoir écrit la chanson, je suis allée chez Guillaume. Il a sorti sa caméra et nous avons filmé quelques images pendant que la chanson jouait en fond. C’était la première fois que Guillaume l’entendait.

Guillaume Monette (GM) : J’étais tellement surpris, comme en écoutant plusieurs de ses autres chansons. Je lui ai proposé que ce soit enregistré dans un studio. La chanson a donc été enregistrée à Sainte-Ursule, au Chalet Musique. La personne à qui cela appartient, Christian-Adam Gilbert, est un collaborateur de longue date. C’était l’un de mes premiers techniciens de son lorsque je jouais avec 3 gars su’l sofa. Il était à la production de Bleu Jeans Bleu et il a enregistré Van Carton (mon projet solo). Nous avons enregistré au studio durant environ trois jours avec lui et Jonathan Charette (ancien membre de Groenland). Après ces quelques journées, nous avions déjà trois chansons de prêtes.

M : C’était ma première fois en studio et j’ai adoré mon expérience. Je m’y sentais bien ; le studio était dans une maison avec la forêt tout autour, en avril. Déjà, cela, c’était magnifique et inspirant.

GM : Elle avait un naturel au studio, comme si elle avait déjà fait cela plusieurs fois auparavant. Au début, j'étais inquiet face à la différence d’âge entre Maolie (18 ans à l’époque), les collaborateurs et moi, mais finalement, aussitôt que la démarche a commencé, tout le monde a oublié ce détail et tout le monde s’est concentré sur la musique.


LS : Quelles sont tes inspirations musicales ?

M : J’ai beaucoup changé dans les dernières années au niveau de mes influences musicales, mais certains noms reviennent souvent : Zaho de Sagazan, Aurora, et Tom Odell qui est une grande inspiration pour moi. Durant l’enregistrement des trois chansons au studio, Patrick Watson m’a aussi inspirée, ainsi que Yoa pour la direction qu’ont prise certains de mes morceaux.

LS : Guillaume, tu es connu pour Van Carton, 3 gars su’l sofa, Parc Amitié. Quelle est ton implication dans le projet de Maolie et comment te vois-tu là-dedans ?

GM : Lorsque j’ai vu son talent, je me suis senti interpellé de l’appuyer dans sa démarche parce que j’y voyais un potentiel. Maintenant, je vois mon implication surtout dans la structure de tout ce que cela implique, comme un simili-rôle d’agent. Je vois mon rôle comme quelque chose de mobile et modifiable dans le temps, et non comme quelque chose de fixe qui ne changera jamais.

LS : Tu as fait ton premier spectacle au Sonar, dans le Studio, lors d'un "Show de cuisine" en avril 2025, puis deux spectacles à Rivière-du-Loup en formule "Jeudi midi découverte", dans le cadre de “LAFestive” et au “Show de St-Mo”. Qu'est-ce que tu aimes dans la performance ?

M : J'avais déjà de l’expérience en comédie musicale, mais c’était très différent d’arriver avec mes propres textes. On se sent plus exposé. J’ai ressenti, avant mon premier spectacle, une espèce de syndrome de l’imposteur, du genre : « Pourquoi les gens voudraient-ils écouter des choses que j’ai écrites dans mon intimité ? » Après ce premier spectacle au Show de cuisine, j’ai commencé à me sentir plus à l’aise sur scène.

Présentement, je suis à Montréal. Je prends du temps avant de tenter de jouer de la musique en ville. Je voyais Montréal comme un niveau au-dessus concernant les performances. Je commence à faire des micros ouverts au Café des Habitudes ; tous les dimanches, tout le monde est assis au sol et c’est vraiment relax comme ambiance. Je prends cela comme de la pratique pour me mettre à l’aise sur scène. J'aimerais monter un band éventuellement.

LS : Quelle est la suite ?

M : J’aimerais peut-être former un groupe de musique pour m’accompagner. J’ai un nouveau single (qui est le format que je privilégie pour l’instant) qui va sortir à la mi-avril ! J’aimerais aussi sortir un nouvel EP. Je veux aussi faire plus de spectacles !


 
 
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