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Entretien avec Pas Pire Pantoute

  • il y a 4 jours
  • 5 min de lecture

Une entrevue par Philippe Boucher


Un entretien avec le groupe de musique «Pas Pire Pantoute» composé de Charles Fortier à la voix, d'Émile-Olivier Desgens à la guitare, de François Gamache à la basse et d'Éric Pelletier à la batterie, pour discuter de leur EP récemment sorti, intitulé «Plein d'ordinaire» et de leurs projets futurs.



Le Sonar (LS) : Votre EP, sorti le 13 février, est si bon qu’il nous donne envie de vous voir en spectacle directement après l’écoute. Expliquez-nous l’origine du nom de votre groupe.


Pas Pire Pantoute (PPP) : Initialement, le groupe s’appelait « Tendresse ». L’idée était d’avoir un nom de groupe plutôt doux, mais avoir de la musique qui était en contraste avec cela, mais nous avons découvert qu’un groupe français portait déjà ce nom. Le nouveau nom « Pas Pire Pantoute » est né spontanément lors d’une répétition quand un de nous a dit « on l’a rentré pas pire pantoute » après avoir joué une chanson, et Oli (Olivier Martin) s’est soudainement tourné vers François et a dit « c’est ça », on lui répond « c’est ça, quoi ? », il répond, « Ben, c’est ça le nom du groupe ! ». À la blague, François lance : « Lorsqu’Oli se tournait vers moi, c’était soit que j’avais fait de quoi de bien ou de quoi de mal ! C’est comme ça que le nom de groupe a été adopté, nous nous sommes rendu compte qu’on le disait déjà très souvent. 


L’origine de la pochette de l’EP Plein d’ordinaire vient aussi d’Olivier. Un jour, François lui avait montré des photos d’Oli prises lors de leur première rencontre, à Rivière-du-Loup, environ au coin Lafontaine — Hôtel de Ville. À gauche des photos d’Olivier, il y avait celle de cette station-service qui était justement au coin de ces rues il y a quelques années. Olivier avait pointé la photo en disant que ça ferait une méchante belle photo de pochette d’album. Par la suite les gars se sont penchés sur le titre du EP pour finalement trouver ce titre qui reflète les thèmes « ordinaires » de la vie qui sont abordés dans les pièces, comme Cheveux mêlés, Mal de dents et CV. Finalement, la couleur jaune est la couleur favorite d’Olivier. Bref, un bel hommage !


LS : Évidemment que nous savons qu’Olivier Martin était dans le band avant son décès, mais comment le projet est venu à naître ?


PPP :  Émile et moi (François) sommes collègues de travail au Cégep de Rivière-du-Loup. Nous voulions créer quelque chose pour la Nuit de l’Interdit (une soirée/nuit au Cégep où plusieurs formes d’art se rencontrent). Nous avons d’abord essayé de faire de la musique avec deux basses et une batterie (Éric), mais cela ne fonctionnait pas vraiment bien. Émile a alors révélé qu’il pouvait jouer de la guitare électrique, il a aussi mentionné que son beau-frère (Oli) en avait une même et qu’il pouvait lui prêter. Nous nous sommes rendu compte qu’Émile jouait bien de la guitare, mais qu’il n’avait pas de pédales d’effets avec lesquelles jouer. Nous avons dû demander à Olivier de nous prêter des pédales. Quand Oli est venu les porter, il avait oublié d’apporter le « power supply ». Il restait près du Cégep, il a donc dit qu’il allait revenir avec ce qu’il manquait. Durant ce temps, nous nous sommes parlé et on a lancé l’idée de le joindre au groupe de façon permanente, on avait un grand respect pour ses talents musicaux. Il a donc commencé à nous rejoindre chaque jeudi midi pour pratiquer. Assez rapidement, il a apporté une structure au groupe et proposait des chansons déjà complétées qu’on pouvait personnaliser ensemble ensuite.


Quelque temps avant le décès d’Olivier, il a perdu la voix. Charles s’est joint à l’équipe à ce moment, pour commencer à chanter. Émile l’avait déjà entendu jouer, mais jamais chanté.


De fil en aiguille, le groupe que nous sommes maintenant a pris forme, avec nos expériences de vies, malgré notre jeune âge comme groupe, et le support très important d’Olivier au départ, on sent vraiment qu’on avance comme groupe.


LS : Malgré ce que vous nous mentionnez d’Olivier Martin, qui a composé une bonne partie du matériel au départ? Quelles sont vos inspirations pour vos textes ou votre musique ?


PPP : Olivier aimait beaucoup le vieux punk des années 70 à 90 comme nous tous. Rien ne nous définit vraiment, malgré qu’on aime plusieurs bands des Colocs à Nirvana en passant par Flore Laurentienne aussi. 


LS : Quel est votre processus de création ?


PPP : Récemment Charles a composé une chanson qui sort totalement de ce que nous produisons habituellement et on a adoré. Charles va souvent produire la chanson à son domicile, car il a déjà presque tous les instruments. Une fois que c’est enregistré, il va nous le faire écouter. C’est ensuite qu’ensemble on ajoute notre grain de sel pour s’approprier la composition. Cela fait même plusieurs années que Charles avait des inspirations pour des compositions sans avoir été dans un groupe musical, c’est donc une libération de pouvoir composer avec Pas Pire Pantoute. Charles a environ 300 notes audio dans son téléphone, l’inspiration est présente !


Notre philosophie de groupe est basée sur le plaisir, on compare cela à un club de bowling. Si ce n’est plus amusant, cela ne vaut pas la peine de continuer. On reste des amis qui sortent ensemble voir des spectacles et partagent des « beats et bières », ce qui nous distingue de groupes qui ne se voient que pour jouer.


LS : Comment s’est déroulé votre enregistrement pour l’EP ?


PPP : Tout d’abord, on tient à remercier Bastien Banville au studio du Sonar pour son travail de réalisation de l’album, parce qu’on sait que ce n’est pas facile. On n’avait pas d’expérience de studio, sauf Éric, qui en avait un peu, ça a été éprouvant par moments, mais nous en sommes ressortis bien fiers.


Bastien nous a aidés à restructurer complètement certaines chansons, transformant des transitions en riffs principaux, modifier certains bouts de textes aussi. On jouait certaines chansons d’une manière avant, mais depuis qu’on l’a retravaillé, c’est celle avec les modifications de Bastien que nous aimons le plus. Émile a également mentionné que l’expérience lui a appris à jouer véritablement de la guitare électrique, ayant principalement joué de la guitare acoustique et de la basse auparavant. Cela a été deux années très formatrices au niveau musical. Nous nous sommes sentis exposés, mis à nus, et nous avons dû apprendre à avoir plus d’humilité et de pardon envers soi tout au long de l’enregistrement. Le syndrome de l’imposteur était présent pour nous tous, Bastien nous a vraiment mis à l’aise pour tenter de mettre ce syndrome de côté. Nous sommes tous plus vieux que la « norme » pour un band en début de carrière, c’était donc difficile de s’enlever de ce sentiment qui était bien présent au début.


LS : C’est quoi la suite pour Pas Pire Pantoute ?


PPP : La conquête du monde ! Plus sérieusement, en spectacle, nous avons une dizaine de chansons avec quelques reprises. Avec Olivier nous avons fait 7 chansons, 2-3 autres sont en train d’être travaillées. On veut finir d’enregistrer les chansons d’Olivier, au mieux, nous souhaitons que ce soit fait durant l’année si possible. Nous finançons nos projets avec l’argent gagné lors des spectacles. Venez nous voir en show !


Avoir du matériel tangible à écouter facilite l’évolution du groupe, nous avons déjà des invitations à des podcasts, à des émissions, on va faire le spectacle de la tournée « 1-2-3 Punk » le 4 avril à la Maison de la Culture de Rivière-du-Loup. Cette tournée est organisée par Rej Laplanche, l’ancien animateur de l’émission de Musique Plus, qui fait un retour 20-25 ans après l’émission originale. Le groupe jouera avec Drop it First (Montréal) et X Large, un groupe de Rimouski. Le spectacle « 1-2-3 Punk » est présenté par Rej Laplanche en collaboration avec Noiseway.


On ne veut pas partir en grande tournée pendant plusieurs semaines, mais on souhaite sortir un peu. Avoir de la visibilité un peu plus aussi.


La vie est trop courte pour ne pas avoir de plaisir ! On veut foncer et s’amuser.

Présentement, nous voyons cela comme un rêve d’enfance réalisé. Notre album est sur Spotify, c’est fou !


LS : Bonne chance les gars, on se voit le 4 avril alors !

 
 
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